Gourmandise

Crédits image : Dracula, l'amour plus fort que la mort

Halloween, vaste terrain de jeu. Les humains portaient des déguisements qui se voulaient effrayants et sortaient dans les rues, les plus jeunes pour obtenir des sucreries, les plus grands pour le plaisir de la fête. 
Pour des raisons différentes des leurs, j’appréciais également cette tradition. Contrairement aux Dracula déambulant dans les villes, j'étais un véritable vampire qui ne comptait plus ses années d’errance. La nuit d’Halloween me permettait d'assouvir librement ma soif de sang en traquant mes propres confiseries dans les métropoles animées. Mes canines n'intimidaient pas, je me fondais parmi les mortels, puis je cherchais une proie digne de mon désir.
Cette année-là, mon choix se porta sur une délicieuse jeune femme, ou plus exactement sorcière, beaucoup plus séduisante que dans l’imaginaire collectif. Elle devint instantanément l'objet de ma convoitise. Mon charme surnaturel la convainquit de m’accompagner à l'écart des agitations nocturnes. Lorsqu’elle prit conscience du danger, il était trop tard. Ses hurlements de frayeur ne pouvaient rien pour elle, ce soir où l’on en entendait tant d’autres. 
« Frêle humaine, murmurai-je au creux de son oreille. Chut... Deviens ma victime de cette nuit tiède. Laisse-moi explorer ton cou et me repaître de ta substance vitale, dont le rouge pare mes pupilles. Mes canines implorent de se planter dans ta jugulaire. Moi qui ne vis que sous la pâle clarté de la lune, ce désir passionnel m'envoûte. Assouvir cette gourmandise qui me ronge de l'intérieur, peux-tu le concevoir ? Candide créature, sois le fruit interdit de mon péché. Abandonne ton innocence diaphane et rejoins les ténèbres discordantes. »
Sur ce discours lascif, mes canines pénétrèrent sa tendre gorge au rythme de ses gémissements. Son sang caressait ma langue, son goût m’enivrait, l’irrésistible besoin que j’éprouvais pour ce liquide n'était que souffrance, un déchirement, un tourment sans fin. 
Une fois mon forfait accompli, le corps de ma belle infortunée s’était abandonné dans mes bras. Déposant un baiser ensanglanté sur ses lèvres demi-closes, j’attendais le réveil de ma nouvelle compagne éternelle.

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